Menu
Home
Log in / Register
 
Home arrow Law arrow litineМЃrance en questions

LE CRI: UNE HISTOIRE UNIQUE

Dans cette première section, nous situerons quelques points saillants de I'histoire du CRI. Le CRI a d'abord été affaire de contexte, d'affinités et de complicité. Puis il a été confronté aux difficultés quotidiennes de la vie et de l'expérience de la recherche partenariale. Les enjeux théoriques et politiques qui se sont transformés au cours des ans constituent la trame à partir de laquelle ce livre a pu être pensé.

Une affaire de contexte, d'affinités et de complicité

Le CRI est une équipe de recherche partenariale formée, depuis ses débuts, de chercheurs universitaires et d'intervenants des milieux institutionnels et communautaires: le Centre local de services communautaires des Faubourgs (CLSC Faubourgs), le Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance (CSSS Jeanne-Mance) et le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). En 1992, la Politique de la santé et du bien-être (PSBE) du gouvernement du Québec fait état de problèmes sociaux jugés prioritaires et sur lesquels on doit, comme société, intervenir: la question de l'itinérance constitue l'un des axes prioritaires. Dans la foulée, un imposant programme de financement d'infrastructures de recherche est élaboré et le CRI est reconnu et subventionné comme équipe de recherche partenariale. Une aventure commence alors [1]. Au printemps 1995, des personnes et organismes engagés dans la lutte contre l'itinérance et des chercheurs se rencontrent et conviennent que le projet de croiser connaissances pratiques et connaissances théoriques constitue un défi exceptionnel et emballant [2], et ce, malgré les difficultés d'arrimer différents univers (pratique et intellectuel; institutionnel et communautaire) et en dépit de missions ou d'objectifs différents.

De 1993 à 1995, c'est l'étape des premières armes, marquée par le démarrage de nombreux projets de recherche (près de quarante). C'est la période de discussion portant sur la définition et le rôle de chacun, avec ses spécialités, ses spécificités et ses forces particulières. C'est aussi la période d'apprivoisement des différents points de vue sur la question de l'itinérance (ses explications, ses solutions), de la culture organisationnelle (universités, institutions de santé et de services sociaux, milieux communautaires), du vocabulaire si diversifié (intellectuel, administratif, militant et qui renvoie à des univers explicatifs différents) et, enfin, de la temporalité (pour les milieux de pratique, demain est déjà trop tard; pour les milieux universitaires, dix-huit mois est l'horizon réaliste pour arriver à produire des résultats qui correspondent aux normes scientifiques).

La période 1996-2000 est la phase d'expansion. Elle se concrétise par la multiplication des projets de recherche, la diversification et l'augmentation du nombre de chercheurs et de partenaires. La problématique s'élargit, on ouvre la réflexion à la réalité de l'exclusion sociale. On assiste alors à une multiplication des publications dans les revues scientifiques et professionnelles, dans des recueils de textes [3]. On participe collectivement ou individuellement à des colloques nationaux et internationaux. En 2000, c'est la publication du livre Errance urbaine.

La période 2001-2004 est celle de la décentralisation et elle est marquée par des réaménagements majeurs. D'une part, les organismes subventionnaires québécois [4] se réorganisent et changent leurs missions et, d'autre part, le gouvernement fédéral lance différents programmes [5], dont l'Initiative de partenariats en action communautaire (IPAC) [6]. Du même souffle, on assiste à une ouverture sur le plan international [7]. Plusieurs chercheurs partent pour diverses raisons (nouvelles règles imposées par les organismes subventionnaires [8], choix personnels ou de carrière); de nouveaux partenaires s'ajoutent, diversifiant [9] et enrichissant notre expertise et nos compétences; la direction scientifique change aussi de mains tout en assurant la continuité [10]1.

Cette période est aussi marquée par une sorte de course aux subventions [11] dont certaines ne sont pas obtenues, ce qui aura un effet démobilisateur pour tous les membres du CRI.

Depuis 2004, c'est la relance et la réorganisation. Après dix ans de travaux collectifs, de nombreux projets de recherche se poursuivent et d'autres, sur des thématiques complémentaires, se développent. Le bilan de nos activités est très positif et la publication du présent ouvrage marque la mi-temps de cette dernière étape. Au fil des années, les travaux de recherche et les différentes activités ont contribué à mettre la question de l'itinérance sur la place publique et à la rendre incontournable [12].

  • [1] Pour la première fois au printemps 1994, le CRI obtient une subvention d'infrastructure de recherche, ce qui se poursuivra sans interruption jusqu'à maintenant.
  • [2] Ce sont des acteurs clés du centre-ville de Montréal, là où la question de l'itinérance se pose de manière aiguë: le CLSC d'alors, dirigé par Jacques Gagné (devenu CSSS Jeanne-Mance), le RAPSIM, coordonné par René Charest, et l'Université du Québec à Montréal (UQAM) par l'intermédiaire des chercheures Danielle Laberge et Shirley Roy qui avaient déjà effectué des travaux de recherche sur la question de l'itinérance.
  • [3] Au cours de la période 1996-1999, les membres du CRI ont publié 31 articles, 10 rapports, 9 chapitres de livres, 2 livres.
  • [4] Au plan du cadre général structurant la recherche, quelques événements sont à signaler. Tout d'abord, au Québec, le Conseil québécois de la recherche sociale (CQRS) disparaît et s'intégre au Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC), qui devient l'organisme de recherche chapeautant la recherche sociale au Québec.
  • [5] Sur le front pancanadien, les organismes de recherche (CRSH et IRSC) se réorganisent et ouvrent aussi des programmes de recherche partenariale (ARUC et ACRS).
  • [6] Le gouvernement fédéral crée le Secrétariat national des sans-abri et développe le programme IPAC (Initiative de partenariats en action communautaire) et un programme de contrats de recherche.
  • [7] Sur le plan international, on assiste à un élargissement notable de cette problématique et le CRI inclut, dans son équipe, des chercheurs étrangers.
  • [8] Les nouvelles règles interdisent à un chercheur de faire partie de plusieurs équipes de recherche, ce qui aura des conséquences sérieuses, chacun étant contraint de faire des choix et de partir s'il est responsable ou membre fondateur d'une autre équipe. Cette décision du FQRSC aura un impact important sur toute l'organisation de la recherche au Québec.
  • [9] Des collaborations se sont développées avec plusieurs regroupements d'organismes en itinérance, dont le Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ) et le Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ). Dans ce contexte, la réalité différentielle des régions a été prise en compte, de même que les enjeux transversaux qui concernent tant les villes moyennes que les grandes villes.
  • [10] Danielle Laberge et Shirley Roy ont assuré la direction scientifique jusqu'en 2002, puis Shirley Roy et Roch Hurtubise l'ont fait jusqu'à aujourd'hui.
  • [11] ACRS, dépôt de la demande en septembre 2000, réponse en janvier 2001; ARUC, dépôt de la demande en juin 2003, réponse en novembre 2003; FQRSC, dépôt en octobre 2003, réponse en avril 2004; à nouveau FQRSC, dépôt en automne 2004, réponse en avril 2005, où nous obtenons une subvention pour une durée de quatre années.
  • [12] Il s'agit d'un bilan partiel fait à partir des demandes de subventions déposées au cours des années. On le sait, de nombreuses activités et publications échappent à ce type d'exercice. Cependant, on peut affirmer que près de 250 projets de recherche ont été réalisés par les chercheurs universitaires et les chercheurs de terrain; une vingtaine de colloques ont été organisés directement par le CRI; près de 130 articles, 50 rapports de recherche, 90 chapitres de livres et une vingtaine d'ouvrages ont été publiés.
 
Found a mistake? Please highlight the word and press Shift + Enter  
< Prev   CONTENTS   Next >
 
Subjects
Accounting
Business & Finance
Communication
Computer Science
Economics
Education
Engineering
Environment
Geography
Health
History
Language & Literature
Law
Management
Marketing
Mathematics
Political science
Philosophy
Psychology
Religion
Sociology
Travel