Vivre le partenariat au quotidien

Vouloir produire une connaissance nouvelle qui intègre différents points de vue (théoriques et empiriques; universitaires, institutionnels et communautaires) ne va pas de soi. L'arrimage entre les partenaires, la création d'un véritable lieu d'échange et la transmission d'une culture de la recherche sont des dimensions importantes, voire essentielles.

L'arrimage entre différentes cultures organisationnelles, intellectuelles et politiques est fondamental dans le développement d'une connaissance renouvelée, et il a constitué un enjeu depuis le début. Même si, au cours des ans, le CRI a vu se succéder quelques responsables du CLSC [1], du RAPSIM [2] et des directeurs scientifiques [3], la grande stabilité des partenaires (communautaires, institutionnels et universitaires) a été un atout majeur. L'arrivée de nouvelles personnes nécessite des ajustements importants, sans compter le fait que chaque fois il y a des deuils à faire et de nouvelles complicités à bâtir. Ces personnes apportent de nouveaux points de vue et de nouvelles manières de faire; les débats et les ajustements sont continuels.

Au cours des ans, les organismes d'où viennent les partenaires de terrain ont affiné et politisé leurs positions; pensons, entre autres, au CLSC qui a créé l'équipe itinérance et a changé de mission et à l'avènement du Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ).

Pour que le collectif puisse atteindre sa force dynamique, il fallait qu'un certain nombre d'activités et de processus s'autonomisent et que des liens forts entre partenaires, chercheurs et intervenants se consolident, que ces liens soient multiples, diversifiés et décentralisés. Les colloques annuels du CRI constituent à cet égard un bel exemple. En effet, au cours des douze dernières années les colloques du CRI, portant sur différentes thématiques [4], ont réuni entre cent cinquante et trois cents personnes. Ces colloques constituent un moment de rencontre où chacun peut, pendant quelques heures, sortir de l'urgence pour s'intéresser à des questions plus larges touchant l'essentiel de son travail.

La transmission d'une culture de la recherche partenariale dans les différentes ressources, regroupements et à l'université constitue un autre enjeu du partenariat. Jusqu'à présent on a réussi à maintenir le cap. Il faut faire partager l'importance de la recherche et de son rôle dans la compréhension du phénomène mais aussi sur le plan de l'intervention. Mieux comprendre permet d'agir plus adéquatement. Au moment du changement de garde dans nos institutions et organismes, il fout redoubler d'énergie pour s'assurer qu'il y a encore des porteurs et des défendeurs de la recherche partenariale.

  • [1] Jacques Gagné, Michel Fontaine, Sylvie Simard.
  • [2] René Charest, Claude Chapdeleine, Pierre Gaudreau.
  • [3] Danielle Laberge et Shirley Roy (1993-2001), Shirley Roy et Roch Hurtubise (depuis 2001).
  • [4] Les refuges à la croisée des chemins / Shelters at a crossroads (25 mai 2007); Itinérance et santé mentale. Réalité sociale, réalité psychique (26 mai 2006); L'itinérance en questions (4juin 2004); Habitat. Ancrage dans la communauté? (6juin 2003); Agir avec les personnes itinérantes (7juin 2002); Sortir de la rue? (8juin 2001); Mythes, contraintes et pratiques (9juin 2000); La vie itinérante (4juin 1999); L'itinérance sur la carte (18 au 20 mars 1998); L'itinérance. La place dans la cité (6 juin 1997); Deux faces de l'itinérance: judiciarisation et victimisation (24 mai 1996);Jeunes en difficulté. De l'exclusion vers l'itinérance (9 juin 1995). Pour plus d'information, veuillez vous référer à notre site Internet: <cri.uqam.ca>.
 
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