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UNE ÉTUDE QUALITATIVE EXPLORATOIRE AUPRÈS DE 20 JEUNES HÉBERGÉS EN CENTRE JEUNESSE

Nous présenterons ici, sous forme de catégories conceptuelles, les propos tenus par vingt jeunes hommes résidant en centre jeunesse, plus exactement au Centre jeunesse Cartier de Laval, concernant la vie dans la me et les conditions dans lesquelles peut être vécue la sexualité. Les données ont été recueillies lors d'entrevues individuelles. Les questions qui nous concernent ici ont été posées à la fin d'entrevues qui visaient l'évaluation de l'implantation d'un programme d'éducation sexuelle destiné à de jeunes hommes en difficulté (Manseau et Blais, 2007). Le contexte de cette étude impose donc une première limite: l'échantillon n'a pas été constitué en fonction des expériences de la rue qu'avaient vécues les jeunes, mais sur le fait qu'ils ont participé au programme qui s'adressait aux adolescents du Centre jeunesse Cartier de Laval. Deux jeunes par unité ont été sélectionnés. Vingt jeunes hommes représentent un nombre qui permet, en recherche qualitative, une certaine saturation des données. Aucune adolescente n'a été rencontrée puisque le programme s'adressait à des jeunes hommes seulement. L'âge moyen des adolescents interrogés est de 15,6 ans (entre 13 ans et 18 ans). Ces jeunes sont majoritairement québécois (douze adolescents sur vingt); les autres sont haïtien, portugais, égyptien, américain, marocain, amérindien, salvadorien et ukrainien. Pour ce qui est de leur situation familiale, quatorze adolescents ont des parents divorcés, trois ont des parents vivant en union libre, deux ont des parents séparés et un est orphelin de père.

Neuf adolescents sur vingt nous ont affirmé avoir déjà vécu dans la rue, tandis que les onze autres ne se sont jamais retrouvés sans domicile fixe. Cela impose une seconde limite à cette étude. Les points de vue ainsi recueillis sur le phénomène des jeunes de la rue et leur mode de vie au plan sexuel ne sont pas tous ancrés dans une expérience concrète de la rue; dans certains cas, il s'agit de données "réputationnelles", les jeunes rapportant les expériences que leurs camarades leur ont racontées ou présentant l'idée qu'ils se font de la situation. Toutefois, nous croyons que la manière de concevoir l'univers des jeunes de la rue, par des adolescents qui sont à haut risque d'y séjourner, est importante du point de vue de l'analyse, même si elle n'est pas systématiquement basée sur des expériences concrètes. La composition de notre échantillon permet néanmoins de voir qu'avant l'âge de 16 ans près de la moitié de ces jeunes ont déjà vécu dans la rue.

Collecte des données

Les entrevues se sont déroulées de décembre 2004 à la fin janvier 2005. Les adolescents ont été interrogés sur une base volontaire et confidentielle. La partie du schéma d'entrevue qui nous intéresse ici était composée de trois questions: 1) As-tu déjà vécu dans la rue? Si oui, qu'est-ce que ça signifie pour toi? 2) Quels sont les impacts de la vie dans la rue sur les relations amoureuses et sexuelles? 3) Quel type d'aide et quelles ressources pourraient amener les jeunes dans la rue à se protéger? Tous les jeunes rencontrés ont accepté de nous parler de leur conception de l'itinérance et de l'impact réel ou présumé de ce style de vie sur les relations amoureuses et sexuelles. De plus, plusieurs ont formulé des suggestions pour aider les jeunes à "mieux se protéger" dans la rue.

Analyse et présentation des données

Les données qualitatives ont été traitées selon la méthode de codification préconisée dans l'approche par théorisation ancrée (Glaser et Strauss, 1967; Miles et Huberman, 1994). Le logiciel de traitement de données alphanumériques NUD*IST (v. 5) [1] a été utilisé à cette fin. L'analyse a permis de déterminer, dans un premier temps, les thèmes abordés par les interviewés et les noyaux de sens qui se qualifient. Ces noyaux de sens sont constitués d'expressions, de syntagmes ou de phrases exprimant une même idée, opinion ou représentation sur un thème donné. Dans un deuxième temps, ces noyaux de sens ont été regroupés selon leur proximité de sens pour former des catégories conceptuelles. Ces catégories sont des descriptions analytiques succinctes qui désignent le plus fidèlement possible l'orientation générale d'un ensemble de noyaux de sens et de sous-catégories. En raison, toutefois, des limites inhérentes à un échantillon de convenance, nous ne pouvons prétendre ni à l'exhaustivité ni à la saturation des catégories présentées. À ce titre, cette étude se veut préliminaire et exploratoire.

Il importe de préciser ici que les jeunes rencontrés n'ont pas été très loquaces. Cela peut être attribuable au fait que cette partie des entrevues suivait un entretien portant principalement sur une expérience (l'évaluation d'un programme). Malgré ces propos limités qu'ils ont tenus, nous avons tout de même pu analyser ceux-ci de manière exhaustive. Notre analyse, plutôt descriptive, n'est pas liée à une problématique particulière ou à des hypothèses formulées a priori, puisque nous nous inscrivons dans l'optique de la théorisation ancrée (Glaser et Strauss, 1967). Cette dernière vise essentiellement à découvrir de nouvelles manières d'envisager la réalité en étudiant les questions sociales à partir des points de vue des personnes qui l'expérimentent ou qui peuvent les comprendre in vivo. Les propos restreints des jeunes rencontrés ne nous permettront cependant pas d'élaborer une nouvelle théorie, comme cela est généralement recherché en théorisation ancrée. Notre démarche exploratoire de départ ne visait pas cela. De plus, il s'est avéré impossible de traiter séparément les propos des jeunes qui avaient déjà vécu dans la rue et ceux des jeunes qui n'ont pas connu de telles expériences, les propos tenus et le nombre de sujets étant trop limités. Cependant, même si nous traiterons toutes les données ensemble, nous tiendrons compte des différences et des points de convergence entre ces deux types de discours lorsque ceux-ci apparaîtront de manière manifeste.

Les témoignages recueillis, malgré leurs limites et le caractère exploratoire de notre démarche, rejoignent sur plusieurs points les constats des travaux consultés, alors qu'ils en diffèrent sur d'autres. Notre analyse visera, en fin de compte, à faire ressortir ces différents aspects qui guideront l'élaboration de recommandations permettant d'intervenir de manière ancrée auprès de jeunes séjournant en centre jeunesse. Dans la section qui suit, nous présentons et discutons les six grandes catégories conceptuelles construites à partir des entrevues réalisées auprès des jeunes hommes rencontrés.

2.2.2.1. Vivre dans la rue: une expérience connue par plusieurs

Parmi les neuf jeunes qui ont mentionné avoir expérimenté une forme de vie dans la rue, deux spécifient que, durant leur fugue du centre jeunesse, ils ont habité dans un appartement. Un jeune a vécu dans la rue à peine une journée, précisant qu'il avait eu si froid qu'il s'est laissé reprendre par les policiers pour retourner au centre jeunesse. Un jeune a fugué pendant trois jours. Les cinq autres ont vécu dans la rue à plusieurs reprises et, dans

certains cas, pendant plusieurs mois. Ainsi, l'expérience de vie dans la rue n'est pas une situation exceptionnelle et certains des jeunes ont même lait des séjours prolongés, et ce, malgré le fait qu'en moyenne ils n'avaient pas atteint l'âge de 16 ans. Il est important de préciser que les termes qu'ils utilisent pour parler de ces expériences ne sont jamais en rapport direct avec le fait d'avoir été itinérants. Aucun des jeunes rencontrés ne fait référence à ce concept pour décrire son état pendant qu'il vivait dans la rue, même si certains ont été contraints d'y vivre durant de longues périodes et à plusieurs reprises.

2.2.2.2. Des relations plus libres, mais limitées par les espaces et les contraintes de survie

En ce qui a trait à l'amour et à la sexualité dans la rue, sept des adolescents rencontrés précisent que la rue apporte une grande liberté:

C'est sûr que c'est plus facile de baiser tous les jours quand t'es pas ici [en centre jeunesse]. là, tu ne peux pas faire ça, sauf que quand t'es en fugue, tu fais ce que tu veux: t'habites où tu veux, t'es avec qui tu veux. Justin (16 ans)

Je sortais plus souvent [quand j'étais en fugue]. Pablo (15 ans)

Quand je suis en fugue, je suis en fugue, c'est juste all right man / Je suis libre! Je ne suis pas au centre, that's it! Hugo (16 ans)

Ce sentiment de liberté teinte également la vie sexuelle des jeunes qui ont fait l'expérience de la rue. En effet, quatre jeunes, dont deux qui y ont vécu plusieurs mois ou à plusieurs reprises, soulignent que vivre dans la me entraîne une grande promiscuité sexuelle. Voici leurs propos:

[J'ai eu] 13 filles différentes et 13 relations sexuelles. C'est sûr que c'était dans une cabane, mais j'avais un matelas trouvé dans les poubelles, j'avais mis une grosse couverte que j'avais avec moi et je dormais là-dessus. L'hiver je m'arrangeais pour aller chez un de mes amis. Je pognais les filles dans la rue. C'était des filles toutes seules et elles avaient des relations avec moi. Fait que c'était genre des filles comme des prostituées, sauf qu'elles n'avaient jamais rien faite avec d'autres, mais elles ne se pognaient pas n'importe qui. Elles pognaient les plus matures. Vincent (13 ans)

Les rapprochements sont plus faciles [dans la me] vu que t'es soit tout le temps saoul, soit tout le temps gelé. C'est plus facile de cruiser quelqu'un. Pierre (17 ans)

Quatre autres jeunes précisent qu'il est difficile de trouver des lieux intimes. Leurs propos indiquent que les relations sexuelles se déroulent plutôt furtivement, dans les melles, les parcs et les toilettes publiques.

Par contre, d'autres jeunes voient dans la sexualité l'occasion de trouver gîte et nourriture:

Comme mon copain, il a fugué en hiver et [il m'a dit que] si une fille s'accroche le moindrement à toi, tu la prends pour au moins dormir une soirée au chaud et prendre une douche. Au moins, tu vas saisir l'occasion. Steve (17 ans)

Peut-être qu'il [un jeune qu'il connaît et qui a déjà vécu dans la rue] voulait une fille pas juste nécessairement pour avoir son affection pis toute. Peut-être que c'était pour avoir un logement où aller, ou des affaires de même. Je n'ai jamais pris la peine de lui demander. Olivier (17 ans)

Pour Xavier, qui a déjà été en cavale, il apparaît clairement que le sexe, dans la rue, est l'occasion de faire de l'argent.

2.2.2.3. Des descriptions négatives et stigmatisantes des personnes itinérantes

L'un des éléments frappants dans les propos des jeunes interviewés, c'est l'image très négative qu'ils entretiennent envers les personnes itinérantes. Pour les six jeunes qui s'expriment clairement au sujet des personnes itinérantes, celles-ci semblent avoir les pires défauts: une hygiène inadéquate, des odeurs nauséabondes, des parasites, la dépendance aux drogues, la prostitution, le vol, l'alimentation dans les poubelles et l'exclusion. Voici leurs propos:

Eux autres, ils doivent être pleins de maladies. Luc (16 ans)

Ils puent... ils sentent mauvais. C'est comme quand tu ne veux même pas U faire rentrer dans ta maison parce que ça empeste là. Justin (16 ans)

Il [un ami qui a vécu dans la rue] se câlissait de tout. Il m'a dit: "Regarde, je suis un rejet de la société, fait que je me câlisse de tout..." Il ne peut pas vraiment avoir d'attentes face à ce qui peut lui arriver, alors il essaie de vivre au jour le jour et il se dit que demain est une autre journée. Alain (15 ans)

[Les itinérants ne se protègent pas] parce que ça ne leur vient pas à la tête. Pourquoi ils ne prennent pas une seringue normale? Parce qu 'ils n'ont pas le temps, ils sont trop accros à ça. C'est la même affaire pour le sexe, ils n'ont pas le temps, ils n'ont jamais le temps dans la rue. Ils ont le temps de se doper, ils ont le temps de faire des vols, mais ils n 'ont pas le temps de se protéger... On leur donne de l'argent pour qu'ils s'achètent des condoms pis qu'ils se protègent, mais ils se rachètent de la dope avec. Benoît (15 ans)

Soulignons que ces descriptions ne sont pas formulées uniquement par des jeunes sans expérience de la rue. Ces adolescents marquent ainsi une distinction radicale entre les itinérants et eux, bien qu'ils soient susceptibles, dans les faits, de vivre des expériences et des difficultés similaires, voire d'en avoir eux-mêmes déjà vécues.

2.2.2.4. Des points de vue variables sur la protection sexuelle dans la rue

Autant les images présentées des personnes itinérantes peuvent être qualifiées de négatives chez tous les jeunes qui les ont décrites, autant les propos sur l'usage du condom dans la rue sont plus nuancés. Treize adolescents s'expriment à ce sujet. Dans l'ensemble, six résidants avancent que les jeunes de la rue ne se protégeraient généralement pas, quatre (dont deux ayant vécu dans la rue) prétendent qu'ils se protègent tout le temps et trois autres estiment que l'absence de domicile fixe ne modifie en rien les habitudes de protection.

Pour les jeunes qui croient que les personnes itinérantes ne se protègent généralement pas, c'est surtout la disponibilité des condoms qui poserait problème et le fait d'avoir consommé des drogues qui empêcherait de se protéger. Deux des jeunes qui s'expriment en ce sens ont déjà vécu des épisodes d'itinérance. Les raisons qu'ils invoquent pour justifier la non-utilisation du condom concernent leur non-disponibilité, le manque d'argent, le fait qu'ils soient peu accessibles et qu'il puisse être gênant d'en demander en pharmacie. Voici leur propos:

Ils se protègent sûrement moins, parce que souvent ça leur tente pas d'aller chercher des condoms, parce qu'ils n'ont pas d'argent. Ils ne peuvent pas se protéger s'ils n'ont pas l'argent pour avoir des condoms. Jason (15 ans)

Chez moi, les condoms, je les avais dans ma chambre. J'allais les chercher pis ça finissait là, tandis que quand t'es dans la rue, tu peux en traîner un dans ta poche, mais tu ne vas pas toujours en racheter. C'est peut-être moins à portée de main... Zachary (18 ans)

Quand t'es au centre et que tu demandes à ton éducatrice des condoms, quand ça fait un petit bout que tu la connais, t'es beaucoup plus à l'aise de lui en demander que quand t'es en fugue. Il faut que tu ailles à la pharmacie et [devant] la belle petite fille de 22 ans qui travaille à la caisse... t'as quasiment les mains qui shakent. Fait que des fois, ils vont être plus [du genre à se dire]: "Ah non, tant pis!" Steve (17 ans)

Pour William, la protection est reléguée à l'arrière-plan dans des contextes où les besoins vitaux ne sont pas comblés:

Ils n 'ont pas le temps de penser à se protéger, parce que le monde en fugue pense à d'autres choses. Tu ne veux pas penser à te protéger quand ça fait une semaine que t'as pas mangé, quand tu fais de la poudre ou bien que tu fumes des joints tout l'temps ou que tu ne dors pas. Tu ne penses pas à ça, tu dis pas "attends minute là j'vais aller m'acheter des condoms"! William (18 ans)

Deux adolescents qui ont vécu des expériences prolongées dans la rue affirment toujours se protéger, particulièrement lorsqu'ils font de la prostitution. Parmi les trois jeunes qui avancent que le fait de vivre dans la rue ne change rien aux habitudes de protection, un seul a déjà fait une fugue et il avait un endroit où aller dormir. Ces résidants semblent donc peu conscients des obstacles à la protection qui surgissent dans la réalité concrète de la rue.

Les propos des jeunes rencontrés au sujet de la protection sexuelle dans la rue donnent à voir des images qui varient selon le type d'expérience qu'ils ont pu connaître. Il s'avère donc difficile de faire des généralisations à partir de ces propos. Il n'en reste pas moins que les adolescents de la rue auraient souvent de la difficulté à trouver des condoms.

2.2.2.5. Valorisation de l'accès aux condoms et à l'éducation sexuelle

Quant aux pistes de solution pour favoriser la prévention auprès des jeunes de la rue, six jeunes préconisent avant tout de favoriser la distribution gratuite de condoms.

[Les condoms] devraient être gratuits, ça devrait être le gouvernement qui paie. Hugo (16 ans)

Il devrait y avoir un endroit où on donne des capotes et des dépliants. Ibrahim (16 ans)

Distribuer des condoms gratuits, en mettre à plus de places, dans les dépanneurs et des endroits de même. Jason (15 ans)

Six autres jeunes, dont quatre ayant vécu dans la rue, croient que le fait de recevoir de l'éducation sexuelle serait un bon moyen de prendre conscience des ITS et du sida:

E faudrait renseigner les parents. Tu leur donnes un cours sur la sexualité et tu leur dis faites ça avec vos enfants. Justin (16 ans)

Pour moi, les discussions dans le programme m'ont vraiment beaucoup aidé avec le sida et les ITS. Je suis certain que mes amis en viendraient à avoir très peur de ça, alors ils se protégeraient. Vincent (13 ans)

Il faudrait avoir la chance de participer à un programme de sexe. Carlos (15 ans)

Il faudrait peut-être plus justement faire plus de cours sur la sexualité pour que pas mal toutes les personnes soient renseignées. Olivier (17 ans)

Un de ces jeunes suggère même que de tels cours soient données à l'Accueil Bonneau:

Peut-être qu'il faudrait donner des cours comme [Amour et sexualité chez l'adolescent], à l'Accueil Bonneau. Il pourrait y avoir des activités sur les relations sexuelles, comme avoir un petit cours, mais pas trop long parce que peut-être que certains jeunes ne viendraient pas à chaque cours. Tu pourrais le faire de quatre à neuf le soir. Luc (16 ans)

2.2.2.6. La distribution de condoms sans condition d'obtention

Les adolescents rencontrés ne semblent pas dépourvus de connaissances en ce qui a trait aux ressources qui s'offrent à eux dans la rue. Ils mentionnent le CLSC, le Bunker et l'Accueil Bonneau. Ce sont ces ressources qui devraient, à leur avis, prendre en charge la distribution de condoms aux itinérants et aux jeunes de la rue. C'est néanmoins au CLSC que les jeunes font le plus souvent référence:

C'est sûr que tous les CLSC donnent des condoms gratuitement. Au pire, tu peux te déplacer pour aller en chercher. Zachary (18 ans)

Il y a le CLSC. Le CLSC en donne des condoms. Pablo (15 ans)

Ceux qui vivent dans la rue, quand ils vont au CSLC pour aller chercher un condom, s'ils leur remettaient des dépliants sur les maladies, ils capoteraient de voir ça. Il faudrait leur montrer de quoi ont l'air les maladies pis tout ça, ils comprendraient qu 'il ne faut pas niaiser avec ça. Alix (13 ans)

Bien qu'ils nomment certaines ressources, leur éventail apparaît des plus limités. À cette connaissance restreinte des ressources, s'ajoutent les contraintes des conditions d'accès à certains services. En effet, c'est à condition que l'on ne les contraigne pas à voir un médecin et qu'on ne leur fasse pas la morale qu'ils acceptent d'aller consulter:

Quand même que tu peux en avoir [des condoms] au CLSC, il faut que t'aies une rencontre avec une personne pour en avoir un. Ce n'est peut-être pas nécessaire. Ils ne devraient pas faire une grosse rencontre si c'est vraiment juste pour un condom, parce qu'il a compris qu'il ne veut pas en avoir d'ITS ou d'enfant, ou des affaires de même. Pablo (15 ans)

[Mon ami m'a dit]: "Tu viens chez le médecin avec moi. Je n'aime pas ça y aller tout seul." "Bah ok, c'est beau, je vais y aller avec toi, je vais t'accompagner." J'étais dans le bureau, il a voulu que je rentre avec lui dans le bureau du médecin. Je te dis je l'aurais frappé [le médecin], j'étais plus capable de l'entendre. Il faisait la morale au jeune. Us te disent "va te confier, parle de tes problèmes, parle"... mais eux, ils sont là et ils te jugent. Steve (17 ans)

Ces jeunes soulignent donc l'importance de l'attitude avec laquelle on les accueille et la décrivent comme un obstacle potentiel à leur fréquentation des ressources.

  • [1] Non-numerical Unstructured Data Indexing Searching & Theorizing, Version 5 (QSR, 2000).
 
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