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Les hommes atteints de schizophrénie

La recherche — Les hommes de ce groupe sont assez âgés: 41 ans en moyenne. Ils possèdent un réseau social parmi les plus faibles (moy.: 3,0 personnes). Ils n'ont généralement pas de problèmes liés à l'alcool, ni de troubles de personnalité antisociale. Une majorité de ces personnes ont utilisé les services de santé mentale au cours de la dernière année. Près de 94 % des hommes de ce groupe ont eu des troubles mentaux au cours de la dernière année.

La clinique - Pierre a 50 ans, il est diagnostiqué schizophrène et bénéficie de la curatelle publique aux biens et à la personne. Itinérant depuis de nombreuses années, il ne fréquente aucune ressource, dort dehors dans des abris de fortune et est bien connu des citoyens du quartier. Les infirmières de l'équipe reçoivent souvent des appels à son sujet: par temps froid comme par temps de canicule il porte toujours des vêtements d'hiver, peu importe la saison. Il se montre méfiant et refuse tout service. Après plusieurs années de travail auprès de Pierre, le lien avec l'infirmière est faible, l'homme n'acceptant qu'occasionnellement des vêtements et des bottes de sa part.

À la suite des discussions en équipe, lorsque l'infirmière considère que Pierre présente un danger pour lui-même, elle entreprend des démarches légales afin d'obtenir une ordonnance d'examen psychiatrique auprès d'un juge. En général, ces événements se produisent l'hiver. Etonnamment, Pierre ne résiste pas à l'application des ordonnances et il collabore parfaitement lors des hospitalisations qui s'ensuivent. L'hiver dernier, l'état de santé de Pierre s'est passablement détérioré: il présentait de multiples plaies infectées, son état a exigé une hospitalisation de plusieurs mois et sa condition mentale s'est nettement améliorée avec la prise d'antipsychotique. Le printemps venu, Pierre a obtenu son congé de l'hôpital. L'équipe soignante considérait que la rue était le mode de vie qui lui convenait le mieux et qu'il n'était plus en danger avec la venue du beau temps. Pourtant, il aurait préféré demeurer à l'hôpital. Ni le représentant de la curatelle, ni les membres de l'Équipe-Itinérance n'ont pu intervenir en ce sens auprès du centre hospitalier. Depuis, les infirmières ont recommencé leur travail d'observation et de liens auprès de Pierre et, lorsque c'est nécessaire, elles cherchent à obtenir la collaboration des policiers sociocommunautaires du quartier pour s'assurer de sa sécurité. De retour à son ancien mode de vie, Pierre refuse toute médication et redevient rapidement psychotique. Immanquablement, il y aura une autre hospitalisation et les infirmières recommenceront leur travail de sensibilisation et d'advocacy auprès d'un centre hospitalier désigné. Elles devront à nouveau combattre les stigmates de l'itinérance et insister sur le "choix de vie" de Pierre.

Ici encore, on constate que l'infirmière respecte les choix du client. Toutefois, lorsque ce dernier se met dans une situation qui pourrait compromettre sa sécurité et son bien-être, l'infirmière intervient, juste le temps nécessaire pour que la personne traverse la période difficile. Cette façon de faire s'inscrit dans la philosophie de réduction des méfaits et repose sur la recherche d'un équilibre entre l'autonomie de la personne et la contrainte jugée essentielle pour assurer une qualité de vie minimale.

Les hommes ex-dépressifs et ex-alcooliques

La recherche — Dans ce groupe, les hommes sont d'âge moyen (40 ans), ils ont un réseau social limité (semblable à celui des personnes atteintes de schizophrénie), mais ont souffert de troubles affectifs au cours de leur vie. Dans ce groupe, les hommes ne souffrent pas de troubles de personnalité antisociale, ils ont moins utilisé de services et ont aussi moins vécu de troubles mentaux au cours de la dernière année.

La clinique - Jean est un homme de 35 ans bénéficiaire des prestations d'aide sociale. Il fréquente des ressources d'entraide parce qu'il s'ennuie et se sent isolé. Il habite une chambre au centre-ville qu'il qualifie de cellule de prison. Pour dormir, il fréquente les refuges de nuit durant le temps des Fêtes afin de ne pas réveillonner seul et il profite des repas offerts dans les ressources d'entraide pour arrondir son budget. Jean fréquente les Alcooliques Anonymes, son discours est articulé et, de prime abord, il ne semble pas avoir d'autres problèmes qu'un réseau social faible aggravé par une pauvreté économique. Cependant, même si Jean ne formule jamais de demandes claires, il consulte souvent lors des cliniques dans un refuge d'urgence, où il exprime diverses plaintes physiques non spécifiques. Pour l'infirmière, les problèmes physiques ne sont qu'un prétexte pour entrer en contact avec les intervenants du CSSS; on choisira donc de discuter avec lui des problèmes liés à la qualité de vie. Après quelques rencontres, Jean révèle qu'il a un problème de jeu excessif et qu'il recommence à consommer de l'alcool lorsqu'il joue. Il croit aussi que son isolement social favorise ses épisodes de jeu. L'infirmière intervient en tandem avec la travailleuse sociale et explore, avec Jean, des moyens pour réduire les méfaits du jeu, approche privilégiée pour tout problème de dépendance. Jean accepte finalement une gestion volontaire de son argent par le service social d'une ressource d'entraide. Depuis, il bénéficie d'un hébergement avec soutien communautaire où il s'implique activement comme représentant des usagers au conseil d'administration. Il joue toujours au vidéopoker mais de manière plus modérée.

Cette histoire illustre un volet important du travail des intervenants auprès des personnes qui ont déjà eu des problèmes de santé mentale, soit la prévention. En favorisant le maintien du contact au-delà des épisodes de crise, il est possible de cerner les problèmes dès leur apparition. Cette histoire illustre aussi un aspect moins visible du travail de l'infirmière, celui du volet psychosocial.

 
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