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UN PROGRAMME D'AIDE GÉNÉREUX

Pour cette catégorie de ménages qui se retrouvent nouvellement à la rue, la réponse gouvernementale prend la forme de ce qu'on appelle le supplément au loyer d'urgence. Les ménages admissibles à cette aide bénéficient d'une subvention, versée au propriétaire, pour la part du loyer qui dépasse 25 % du revenu du locataire. Les sans-logis se voient donc offrir la même aide que les ménages habitant en logement social, mais cette formule passe par le secteur privé locatif. Plusieurs propriétaires privés sont pourtant réticents même si le loyer, aussi élevé soit-il, est garanti par l'État. L'Office municipal d'habitation a travaillé très fort et usé de divers arguments afin de convaincre ces propriétaires.

Ce programme d'aide pour les sans-logis, mis en place le 1er juillet 2001, sera reconduit en juillet 2002. On voit alors apparaître des programmes d'aide pour les villes qui établissent un centre de relogement temporaire et de l'entreposage pour les biens des personnes touchées. En 2003 et 2004, ce programme sera accessible toute l'année (et pas uniquement pour la période autour du 1er juillet). En 2005, toutefois, il sera malheureusement réduit. Au total, en cinq ans, 5 150 logements bénéficieront du supplément d'urgence au loyer.

En 2006, aucun nouveau logement ne sera ajouté à ce programme, le gouvernement utilisant ceux qui se libèrent pour répondre aux besoins des ménages sans logis. L'aide gouvernementale aux sans-logis est alors limitée aux familles et n'est plus offerte aux personnes seules.

La raison d'être de ces mesures d'aide est non seulement de ne pas laisser les sans-logis à la rue, mais de leur offrir un logement à prix abordable. L'aide apportée aux personnes en situation d'itinérance a aussi été présente. Au cours de la même période, le gouvernement a contribué financièrement à la création de 757 logements sociaux pour sans domicile fixe (SDF) à Montréal. Cet effort, non négligeable, a pris la forme de projets de logements associés à des grands refuges, à des Auberges du cœur et à d'autres ressources en itinérance. Malgré tous ces efforts, en aucun cas on n'a vu se développer un discours présentant un plan d'action ayant pour objectif que personne parmi cette population ne reste à la rue. Au contraire, au même moment, l'inaction gouvernementale dans le dossier des maisons de chambres entraînait la disparition de 1 674 logements.

UNE DISCRIMINATION FLAGRANTE

Il existe, certes, des caractéristiques différentes entre les ménages sans logis et les personnes en situation d'itinérance. Mais la différence réside dans l'aide apportée à ces personnes, cette aide étant franchement disproportionnée. D'une part, on assiste à une mobilisation, à un effort concerté de différents paliers de gouvernement pour faire face à l'absence de logement, alors que, d'autre part, la pénurie de logements pour les personnes itinérantes constitue certes un enjeu, mais ne se présente pas comme une urgence. C'est comme si l'on se trouvait en présence de deux catégories de citoyens, deux formes de citoyenneté parmi les personnes qui se retrouvent sans logement: une pour laquelle le droit au logement est reconnu, l'autre pas.

Ainsi, en juillet 2006, la ministre responsable du logement, madame Nathalie Normandeau, et le FRAPRU comparaient leurs chiffres: on cherchait à savoir précisément si le nombre de ménages sans logis était plus près de 150 personnes ou de 400. Au même moment, plus de 900 personnes se retrouvaient dans les différents refuges pour hommes, femmes et jeunes, à Montréal, sans compter ceux qui passaient la nuit dehors, squattaient, etc. A ce nombre il faut ajouter les centaines d'autres qui se retrouvaient dans les refuges et les hébergements temporaires à Québec, Longueuil, Sherbrooke, Gatineau, Saguenay, Valleyfield, etc.

On est donc confronté à deux logiques. D'une part, on reconnaît aux sans-logis, définis comme des personnes ayant eu un logement, le droit à un logement. On intervient alors pour que l'absence d'accès à un logement ne dure pas, voire n'arrive pas. D'autre part, l'offre de logement fait partie des objectifs dans l'aide aux personnes itinérantes, mais cela ne constitue pas une priorité et, surtout, les moyens et les mesures nécessaires ne sont pas mis en place. Pourtant, pour ces personnes, l'offre d'un toit est cruciale. Certes, le logement n'est pas le seul élément de solution à l'itinérance, mais il en constitue un élément clé. La situation des personnes itinérantes étant complexe il est souvent nécessaire d'offrir un appui à la réinsertion en logement sous la forme de soutien communautaire, auquel s'ajoutent une diversité d'interventions: hébergements temporaires, travail de me et de milieu, centres de jour et de soir, etc. Cela dit, ces diverses formes de soutien peuvent aussi être utiles, voire nécessaires, pour des populations fragiles qui ne sont pas issues de la rue.

En fait, on peut constater que les réahtés de ces deux groupes — les personnes sans logis et les personnes itinérantes — sont souvent proches. En effet, dans un bilan de l'opération nommée Opération 1er juillet 2002, l'Office municipal d'habitation de Montréal décrivait ainsi les ménages sans-logis:

Plusieurs personnes seules présentaient un profil de personne proche de l'itinérance: elles vivaient dans des chambres; elles avaient souvent changé de domicile; elles recevaient de l'aide de différents programmes gouvernementaux... Enfin un certain nombre de personnes vivaient des situations d'urgence sociale; violence conjugale, séparation difficile, itinérance, toxicomanie, séjour récent en maison de transition après une période d'incarcération (DiChiario, 2002, p. 10).

Il ne s'agit pas ici d'affirmer que la situation des personnes qualifiées de sans-logis est identique à celle des personnes en situation d'itinérance, mais il est important de noter que la frontière entre les deux est parfois très mince.

 
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