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VERS L'AMÉLIORATION DES SERVICES

Force est d'admettre qu'après plusieurs années d'existence, et malgré un travail de réseautage impressionnant et imprégné d'advocacy, les infirmières de l'équipe ont parfois l'impression d'atteindre une limite dans leur capacité à influencer le réseau public de santé et à le convaincre de faciliter l'accessibilité des personnes itinérantes. En plus des préjugés tenaces entretenus à l'égard des personnes itinérantes, des obstacles bureaucratiques se dressent régulièrement entre le travail des infirmières et les besoins de la clientèle.

Les critères d'admissibilité aux hébergements temporaires en centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) à des fins de convalescence constituent un exemple de ces barrières. Ils sont contestés tant par des membres de l'Èquipe-Itinérance que par des intervenants issus du milieu communautaire. Les personnes itinérantes ne peuvent bénéficier d'une période de récupération à la suite d'une hospitalisation, même si leur état le recommanderait, car elles sont sans domicile et ne sont pas considérées comme résidantes du territoire de l'Agence régionale de Montréal-Centre. Pour être admis en convalescence il faut que soit indiquée une date de retour au domicile; pas de domicile, pas de retour possible, donc refus de l'admission en CHSLD. Des personnes, souvent très âgées, sont ainsi retournées vers un milieu de vie peu propice au repos et à la réadaptation. De l'avis de plusieurs, ce protocole favorise les interventions ponctuelles au détriment de la continuité des soins avec des conséquences néfastes sur la qualité de vie et la santé des personnes itinérantes. Jusqu'à maintenant, les gestionnaires de la santé ont entendu les suggestions des infirmières et des intervenants du réseau de l'itinérance, mais n'ont pas donné suite aux demandes de modifications proposées. Cette résistance au changement cacherait-elle, de la part du réseau de la santé, une crainte générée par la méconnaissance des personnes qui se retrouvent en situation d'itinérance?

Selon Serge et Gnaedinger (2003), l'itinérance apparaît aux yeux de bien des soignants comme un obstacle culturel. Selon eux, les intervenants des différentes institutions devraient être informés des habitudes et des maladies rencontrées chez les personnes sans abri afin de favoriser leur intégration dans leurs établissements. Il devrait en résulter une meilleure communication entre les intervenants du réseau de l'itinérance et les soignants des établissements publics. S'intéressant aux personnes âgées itinérantes, ces auteurs soulignent que certains soignants comprennent mal leur besoin d'espace et de "vivre à l'extérieur". Ils rappellent que le motif de renvoi de l'hôpital ou d'un centre est souvent que ces personnes "gaspillent" un ht. Malgré tout, soulignent-ils, lorsqu'une personne sans abri peut avoir accès à un hébergement à long terme de type traditionnel, elle s'y s'intégre souvent avec succès.

Une partie de la solution réside probablement dans un travail d'éducation destiné aux professionnels de la santé. La recherche de Zrinyi et Balogh (2004) a démontré clairement que les infirmières qui ont une expérience de travail auprès des personnes itinérantes affichaient à leur égard une attitude positive et que cela contribuait, de façon significative, à l'augmentation de la qualité des soins et à l'équité dans l'accessibilité des services de santé pour cette population. Une autre étude, mesurant les attitudes des soignants face aux patients itinérants (Buck, Monteiro, Kneuper, Rochon, Clark, Melillo et Volk, 2005), a également démontré qu'une formation adaptée et supervisée aidait à développer des habiletés psychosociales susceptibles de contrer les comportements stigmatisants de leurs collègues à l'égard des sans-abri. Cette étude, tout comme la précédente, conclut que plus les intervenants auront vécu, dans le cadre de leur travail ou de leur formation, des expériences personnelles auprès des personnes itinérantes, plus ils reconnaîtront l'importance de traiter ces personnes comme les autres et auront tendance à défendre les droits de ces patients.

Plus près de nous, les résultats de l'enquête de l'Institut de la statistique du Québec sur l'utilisation des services de santé laissent entendre que la planification du système de soins devrait être améliorée pour mieux servir la population itinérante (Ostoj et Fournier, 2001). Les auteurs encouragent le travail de proximité (tel qu'il est pratiqué au CLSC des Faubourgs), mais ils rappellent que F ensemble du réseau de la santé devrait intervenir plus tôt dans le processus afin d'éviter une aggravation des problèmes de santé des personnes itinérantes qui se soldent trop souvent par une hospitalisation qui aurait pu être évitée.

 
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